Accueil
La paroisse
Les actualités
Célébrer et Prier
Activités
Au service de la Liturgie
Solidarité / Proximité
Communication
Culture
Albums photos
Agenda du mois
 
 
Rechercher
Agenda
Le mois dernier Juillet 2017 Le mois prochain
L Ma Me J V S D
week 26 1 2
week 27 3 4 5 6 7 8 9
week 28 10 11 12 13 14 15 16
week 29 17 18 19 20 21 22 23
week 30 24 25 26 27 28 29 30
week 31 31
Qui est en ligne?
Nous avons 13 invités en ligne
espace réservé



Mon expérience de chrétien, bien avant celle du prêtre que je suis devenu, m’a fait regarder la messe célébrée dans nos églises comme trop souvent l’occasion d’en faire autre chose que ce à quoi elle est destinée : tour à tour, on l’a transformée en groupe de partage plus ou moins évangélique ou en cours de théologie, en concert spirituel, en assemblée de louange charismatique, en musée des arts antiques ou en galerie des arts nouveaux, en tribune de manifestation syndicale, en cour de récréation…

D’autres, plus radicaux encore, voudraient nous faire croire qu’à tout choisir, il vaudrait mieux "pratiquer" la charité que "pratiquer" le dimanche.

Tout n’est pas faux dans tout cela. Mais c’est la « vraie mesure de nos jours » (Ps 89,12) qui est en jeu, ce qui donne son sens profond à notre vie et à notre pratique religieuse.

Si nous devons consentir à vivre toutes les dimensions de notre condition présente (manger, dormir, travailler, nous reposer, servir, converser, etc.) en leur accordant leur importance relative, le Christ nous apprend à les vivre « par lui, avec lui et en lui », c’est à dire à l’école de la manière dont lui-même les a vécues.

Certains s’étonnent de voir « revenir » la tradition de l’adoration eucharistique. La raison profonde de ce "retour" n’est pas à chercher ailleurs que dans la volonté de nous mettre à l’école du Christ et de l’Evangile.

La grande vertu de l’Adoration est de nous ramener au cœur du mystère que nous célébrons dans l’eucharistie : Jésus présent à toute notre vie, le Seigneur s’offrant sans cesse, s’exposant, se proposant à nous sans s’imposer. L’adoration (dans le prolongement de l’eucharistie) est une sorte d’antidote à toutes les idées faussement chrétiennes :

· Nos idées fausses sur la prière : où les mots (les nôtres, bien entendu !) seraient plus importants que le silence et le cœur à cœur avec Dieu.

· Nos idées fausses sur la charité et la solidarité, où ce qui importerait serait d’être seulement porteurs de notre bonne volonté, de notre générosité, de nous et de nous seul…

· Nos idées fausses sur le service et les responsabilités : où notre savoir faire est ce qui suffirait à convaincre ceux qui doutent : nos belles paroles, notre science, notre talent pour ceci ou pour cela.

· Nos idées fausses sur l’œuvre de communion et de réconciliation dans nos familles, nos communautés, notre société, en croyant qu’il suffit d’un peu de bonne volonté de part et d’autre (même si cela reste nécessaire).

· Nos idées fausses sur l’évangélisation elle-même, en nous imaginant que nous serions de simples ambassadeurs du Seigneur qui ne nous aurait pas déjà devancés dans les cœurs…

L’adoration — vous l’avez compris ! — nous décentre de nous mêmes : « moi, moi, moi ! », pour nous apprendre, à l’Ecole du Christ : « lui, lui, lui ! ».

Que personne ne s’étonne donc que je sois personnellement attaché à encourager cette pratique dans la paroisse. Nous sommes tous très ambitieux dans nos projets, nos initiatives pastorales, l’ardeur à nous donner, à servir, à témoigner ? Pour conjurer la tentation toujours possible d’en faire « notre affaire », venons adorer ! Des heures d’adoration sont offertes sur nos deux paroisses. Des propositions sont et seront faites. Encourageons-les, pour le bien de la mission !

Père Rémy Crochu

 

 

D’une rencontre à Briacé où beaucoup (et nombreux d’ailleurs !) sont venus autant pour « voir la tête » du nouveau curé que pour l’entendre sur « l’Esprit de la liturgie », que retenir ?

Sans grand effort, chacun se rappelle probablement un enseignement qui mettait en musique le thème Epoux/Epouse dans l’Eucharistie. Le petit schéma sur la feuille de résumé présentait d’ailleurs l’Eglise comme célébrant une alliance entre le Christ-Epoux et son Eglise-Epouse, avec une ébauche de répartition des rôles liturgiques qui en découlait.

Inutile de rappeler que cette distribution liturgique se fonde sur les paroles de la consécration que prononce et réalise le Prêtre-époux face à l’Eglise-épouse : « Ceci est mon corps livré pour vous… Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance… ». Paroles et gestes d’amour nuptial au centre de toutes les paroles et gestes d’une eucharistie.

Ce thème de l’Epoux/Epouse n’est évidemment pas sans rapport avec l’actualité d’un monstrueux projet de loi autour du mariage. Et il n’est pas nécessaire de sortir d’une année d’études sur le droit matrimonial, comme c’est mon cas, pour frémir devant un tel projet !

Quelle est, en effet, la raison fondamentale pour laquelle l’Eglise tient qu’un mariage ne puisse jamais être célébré qu’entre un homme et une femme, époux et épouse ? La raison est d’abord dans le respect de l’ordre de la création, évidemment sexuée à tous ses étages.

C’est à ce niveau de juste intelligence et de bon sens qu’il convient d’argumenter avec nos concitoyens.

Mais c’est aussi une raison inscrite au cœur de notre foi en la Résurrection. Nous croyons que celui qui donne sa vie la sauve, et que ce don porte du fruit. Dans l’alliance du mariage, les époux se donnent réciproquement leurs vies l’un à l’autre, et ce don fructifie visiblement dans la transmission de la vie à leurs enfants. En alliance avec le Christ, donner sa vie, c’est toujours faire gagner la vie. C’est ce que figure le sacrement du mariage où amour conjugal et fécondité sont inséparables. Et c’est ce que ne peut manifester un couple homosexuel, écologiquement stérile par nature …

Notre foi nous révèle que le drame du salut passe par la rencontre de l’homme et de la femme, pour leur communion. Pour éviter la guerre de l’un contre l’autre, la solitude des deux, et la mort de l’humanité. C’est un combat spirituel à mener par chaque génération, sûre de la victoire acquise par la Résurrection du Seigneur.

Il nous faut donc orchestrer ces réalités dans la liturgie, qui est une forme de « travaux publics »(1) au service de l’humanité, comme nous l’avons entendu dans l’enseignement du curé. Il me semble aussi avoir entendu que « les jeunes n’étaient pas une option dans la vie paroissiale ». C’est vrai qu’on ne voit pas toujours beaucoup de jeunes et d’enfants à la messe. Il se poserait donc une question de fécondité aussi dans la liturgie ?

P. Dominique R.

« Liturgie » signifie littéralement en grec « travaux publics »

 

La démarche Diaconia continue. Déjà, l'an passé, elle nous a poussés à porter davantage et ensemble le regard sur une réalité locale appelant à bien des conversions. On peut encore tourner les pages du "Livre des merveilles" et celui des "fragilités". C'est un exercice qui nous est tous offert dans les églises de la paroisse. Ceux-ci, rassemblent en effet les récits d'un grand nombre d'entre vous sur les fragilités humaines et les merveilles de Dieu dont ils sont les témoins. J'y vois une bonne manière de nourrir sa prière et d'aimer davantage sa paroisse.
Diaconia, c'est un appel à "servir la fraternité", à prendre toujours plus conscience des liens fraternels qu'il nous faut renouveler sans cesse, dans un monde où toute relation tend à se dénouer et s'appauvrir.
La démarche nationale s'achèvera - nous le savons déjà - dans le grand rassemblement prévu à Lourdes au printemps prochain. Cette démarche poursuit un seul but : placer le service du frère au cœur de notre foi, au même titre que la liturgie et les sacrements. Il y a en effet entre Eucharistie et Charité un lien si étroit que le Christ les a confondus au soir du Jeudi saint. L'un n'aurait pas de sens sans l'autre.
Dans la perspective du grand rassemblement de Lourdes, nous sommes invités à méditer sur la manière dont la notion du service (diaconie) s'inscrit dans la liturgie. Le dimanche 18 novembre sera l'occasion de vivre Diaconia en union avec la mission d'Eglise du Secours Catholique, en participant à sa collecte nationale et en faisant suite à son invitation : "Oser vivre la fraternité avec les pauvres en Eglise et partager ensemble la recherche de sens et d'accueil du Salut". Plus qu'une invitation à "donner", cette journée veut être une opportunité pour redécouvrir que le service n'est pas la vocation de quelques-uns mais de tous et qu'une paroisse est toute entière "au service" des pauvres de ce monde, au sens évangélique du terme. "Nous sommes faits pour aller à la rencontre des autres". Je cite ici notre évêque, lors du Conseil de délégation du Secours Catholique nantais de juin dernier. "Quand Je suis entré en relation avec quelqu'un, ajoute-t-il, des liens vont s'établir et (ces liens) sont nécessaires parce que sont nécessaires parce que lui, il me fait confiance, il compte sur moi, il attend que je l'aide". Et notre évêque de terminer en forme de confidence personnelle : "Ces liens-là me rappellent les liens dans ma vie propre dont j'ai bénéficié et qui me font tenir debout".
En ce sens précis, on peut dire que "nos engagements caritatifs peuvent être des sources pour notre foi".
Père Rémy Crochu, curé.

 

« le jour si attendu est arrivé. » C’est par ces mots que le pape Jean XXIII ouvrait le Concile universel Vatican II, le 11 octobre 1960, devant l’assemblée des Cardinaux réunis à Rome. L’événement, préparé depuis trois ans, nourrissait de grandes espérances, à commencer par le saint père : « Les lumières de ce Concile seront pour l'Eglise, Nous l'espérons, une source d'enrichissement spirituel. »

Aucune naïveté dans son élan de joie. Il savait que certains chrétiens de l’époque « se conduisent comme si l'histoire (…) n'avait rien à leur apprendre et comme si du temps des Conciles d'autrefois tout était parfait en ce qui concerne la doctrine chrétienne, les mœurs et la juste liberté de l'Eglise. (A ceux-là) il Nous semble nécessaire de dire Notre complet désaccord. »

Il savait tout autant qu’en cette période d’après guerre, les préoccupations politiques et économiques du monde moderne pouvaient empêcher les hommes « de penser aux choses religieuses qui ressortent du magistère de l'Eglise » et qu’il fallait veiller « à ce que les biens temporels ne mettent pas en danger leur bonheur éternel. »

Un nouveau Concile : pourquoi ? Il est évident que le Saint Père entrevoyait de façon prophétique ce qu’il serait. « Il faut que cette doctrine (de l’Eglise) certaine et immuable, qui doit être respectée fidèlement, soit approfondie et présentée de la façon qui répond aux exigences de notre époque. (…) Il faudra attacher beaucoup d'importance à cette forme ; et on devra recourir à une façon de présenter qui corresponde mieux à un enseignement de caractère surtout pastoral. »

Ce Concile devait en effet, pour lui, renouveler non le trésor immuable de la foi mais la manière de l’offrir aux hommes de bonne volonté « en travaillant à ce que l'annonce du salut soit accueillie plus favorablement par les hommes ».

Et le discours s’achevait dans une sorte de grande vision cosmique, révélant la véritable dimension de l’événement : « Le Concile qui vient de s'ouvrir est comme une aurore resplendissante qui se lève sur l'Eglise, et déjà les premiers rayons du soleil levant emplissent nos cœurs de douceur. Tout ici respire la sainteté et porte à la joie. Nous voyons des étoiles rehausser de leur éclat la majesté de ce temple. (…) On peut donc dire que le ciel et la terre s'unissent pour célébrer le Concile : les saints, pour protéger nos travaux ; les fidèles, pour continuer à prier avec ferveur; et vous tous, pour vous mettre à l'œuvre avec ardeur, en obéissant aux inspirations de l'Esprit-Saint, afin que vos travaux répondent pleinement aux vœux et aux besoins des divers peuples. »

C’est bien à cette dimension qu’il nous faudra vivre toute l’année qui vient et relire, seul ou ensemble, les textes conciliaires pour y puiser la source toujours nouvelle de l’Evangile de la grâce offert à tous les hommes.

Bon anniversaire, cher Concile Vatican II !

 

Père Rémy

 

 

« Je ne voudrais pas vous déranger ». Je connais bien ce refrain (et vous aussi !). Il faut dire qu’à l’heure d’internet, du téléphone portable, du télémarketing, nous pouvons légitimement nous sentir agressés par les "dérangements" multiples qui parasitent notre quotidien.

Il n’y pas de semaine (voire même de jour) que nous ne l’entendions. Autant vous dire tout de suite que, pour ma part, il m’agace un peu !

Il faut dire que le plus souvent, dans nos journées — et pour moi, spécialement, en découvrant mon nouveau ministère — tout se superpose et se confond : vie privée et vie publique, soucis matériels et responsabilités, écoute de la demande de chacun et attention aux besoins de tous, sachant pertinemment que je tarderai à répondre à chacun …

En pensant à vous qui lisez ces lignes, je me dis que ma vie de prêtre n’a rien d’original ; rares sont ceux qui n’éprouvent pas ce sentiment de trépidation, d’amoncellement "d’inattendus quotidiens" à accueillir vaille que vaille.

Depuis longtemps déjà, j’ai appris à faire la différence entre une vie occupée et une vie remplie. Je tremble souvent de voir combien sont nombreux ceux qui s’agitent pour gagner plus, acheter plus, en faire plus, mais qui donnent si peu de qualité à l’instant présent qui, seul, n’a pas de prix. Je vais avouer que cette tentation me traverse parfois de me laisser prendre à telle ou telle préoccupation qui me rend si peu disponible, jusque dans une conversation qui devrait exiger toute ma disponibilité…

Une femme m’appelle au téléphone. Toujours le même refrain : « Vous devez être très occupé… ». Je n’ose pas lui répondre que oui mais intérieurement… je le pense ! Elle me demande aussitôt si je peux lui donner un rendez-vous pour la recevoir. Et elle argumente : « Vous comprenez, on m’a conseillé d’aller vous voir : vous êtes mon dernier recours ! ». Le pied est dans la porte entrebâillée : je ne peux pas refuser !

On gagne toujours à regarder — et imiter surtout — la "manière du Christ". Certes, il n’a pas vécu, dans l’Evangile, à l’heure des nouvelles technologies, mais sa vie pèlerine l’a conduit à vivre des heures parfois tellement agitées, la foule se pressant autour de lui ! Or, sa vie n’a rien de celle d’un agité moderne… Il sait donner du poids à l’instant présent, il en fait de l’amour. Voilà son secret. Même aux heures un peu plus calmes, il ne se laisse pas aller à l’oisiveté. Mais il n’y a jamais d’agitation dans ses paroles ou dans ses gestes. Etre présent. Etre « Présence » : Voilà ce qui l’occupe et le préoccupe. Les grands priants nous l’enseignent aussi. De même parmi nous les « hommes de Dieu » ou les « convertis », les « sauvés ». Quelle qualité de « présence » savent-ils nous montrer… Même s’ils sont souvent, et secrètement, bien occupés !

Et vous : êtes-vous un homme, une femme, de l’instant présent ?

P. Rémy CROCHU

curé des paroisses St Barthélemy & St Vincent

 
Plus d'articles...